Hugo : mobilisation pour la formation professionnelle du personnel en situation de handicap

img-hugo-2Le projet Hugo est né de la décision conjointe du collectif La Ruche d’agir pour la formation du personnel en situation de handicap. Cette démarche est le fruit du travail collaboratif d’échanges de bonnes pratiques du réseau des chargés de Mission handicap des grandes entreprises régionales engagées telles que Gemalto, ERDF, Atos, ST Microelectronics, La Française des Jeux, DCNS, Capgemini (…), réunis dans la cadre du collectif. A la rentrée 2016, un cursus de formation professionnelle en alternance, destiné à l’apprentissage des métiers de l’informatique, de l’électronique et de l’électrotechnique pour les personnes en situation de handicap, verra le jour. Ce cursus aboutira, à l’obtention d’un Diplôme d’Etablissement niveau 1 (Bac+5), pour les professionnels formés.

Le projet Hugo a émergé suite au constat de la difficulté des entreprises à recruter du personnel hautement qualifié en situation de handicap, dans les domaines techniques et informatiques. Cette pénurie s’explique partiellement par le fait que le faible taux de ces candidats « hautement qualifiés » reste issu de la formation initiale et non de cursus de formations professionnalisants, facilitateurs de l’insertion professionnelle en entreprise. En 2014, on dénombrait d’ailleurs seulement 393 Contrats de formation pour les personnes bénéficiaires de l’obligation emploi BOE, comparativement aux 19975 contrats tout public comptabilisés.
Les entreprises de plus de 20 salariés ont toutefois une obligation règlementaire d’embauche à minima de 6% de leurs ETP, ayant une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé.
La formation en alternance représenterait à ce titre, une réponse et un levier efficace pour permettre à ces travailleurs d’atteindre un niveau de compétence supérieur, en adéquation avec les besoins des entreprises. Fort de ce constat, les partenaires du projet Hugo réuniront toutes les conditions pour concevoir, formaliser et mettre en œuvre un programme de formation en alternance de haut niveau, permettant de pallier le problème sociétal relatif à l’employabilité du personnel handicapé.
Le cursus de formation se déroule en trois étapes: Un cycle préparatoire à l’entrée afin de valider les prérequis nécessaires au bon suivi de la formation (400 heures maximum), la formation de concepteur- développeur en informatique électronique d’une durée de 24 mois en alternance, couplant des modules de formation (modules d’algorithmique, analyse, conception de base de données et maintenance évolutive, langages de programmation Java, C++, DotNet, J2EE, gestion de projets, sécurité des systèmes (…) à de l’expérience dans une grande entreprise. Enfin, l’enjeu clé du programme relève de l’accompagnement social des apprenants durant toute la durée de la formation.
Ce programme pédagogique est soutenu par l’Agefiph et par toutes les entreprises constitutives du réseau la ruche et partenaires du projet. L’objectif à atteindre à l’issue de la formation : 12 personnes en situation de handicap par session, qui ressortiront diplômées, avec l’opportunité d’intégrer une entreprise ou d’évoluer dans le cadre de leurs parcours professionnels.

2 questions à Sylvie Bec, Chargée d’Etudes et de Développement à l’AGEFIPH et coordinatrice du projet :

Comment se matérialiserait pour vous la réussite du projet Hugo?
Sans hésiter, si un premier groupe d’alternants voyait le jour en 2016! Cela signifierait que le partenariat avec les entreprises et les acteurs de l’emploi et de la formation a fonctionné et surtout que des personnes bénéficiaires de la Loi se sont engagées avec nous sur ce projet.

Quels  seraient les résultats marquants la réussite de cette  action?
Le recrutement d’une douzaine de personnes dans les entreprises adhérentes au projet: celui-ci est ambitieux car il implique un engagement du binôme entreprise/personne dans un parcours long et de haut niveau, tant du point de vue de l’exigence de la formation que des attentes des entreprises. 
Dans un second temps bien sûr, la réussite au diplôme et/ ou l’insertion professionnelle de la première cohorte de l’action. L’appétence des entreprises pour le projet Hugo est avéré, il doit pouvoir répondre à leur besoin de compétences et permettre à des personnes de développer de nouvelles perspectives professionnelles.