Rapports 2018 du Comité de Prospective de la CRE « Avenir de l’énergie en France d’ici 2030 »

Capenergies vous propose de consulter 3 rapports publiés récemment par le Comité de Prospective de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) visant à dégager des pistes de réflexion, transparentes et réalistes, pour éclairer l’avenir de l’énergie en France.


Le Comité rassemble plus de 200 acteurs majeurs de l’énergie, dont plusieurs industriels (EDF, Engie, Enedis, RTE, GRDF, GRTgaz…) et personnalités du pôle, dont Olivier Appert – Délégué Général de l’Académie des Technologies et Président du Comité de labellisation de Capenergies, qui précise :
 

« Les débats sur l’énergie sont trop souvent manichéens et ont rarement une approche globale intégrant les trois dimensions du développement durable : économique, sociale et environnementale. En ce sens, le Comité de prospective de la CRE a constitué un lieu unique de débat serein en veillant à intégrer toutes les sources d’énergie, sans oublier l’efficacité énergétique, à prendre en compte la grande inertie du secteur énergétique et aussi comparer les couts/ avantages des diverses options. »

Site internet du Comité de Prospective de la CRE : http://www.eclairerlavenir.fr/

 1.  L’impact du développement des modalités propres sur le mix énergétique

A l’heure où pèsent sur les acteurs du transport les engagements de la COP21 sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’étude propose une analyse des opportunités de marchés des nouveaux moyens de transports fonctionnant à l’électricité, au gaz, à l’hydrogène et aux biocarburants :

  • Le gaz et les biocarburants pourraient constituer des carburants alternatifs pour le transport vert des marchandises, même si des freins structurels et d’investissements existent ;
  • Le véhicule électrique sera quant à lui le mode de transport privilégié par les individus et collectivités mais « pour accompagner son développement, l’ensemble des questions relatives aux infrastructures de distribution et à l’impact de ce développement sur la demande en électricité et ses conséquences sur les réseaux doivent être appréhendées. »

L’étude soutient que le nouveau marché de production de transports verts émerge à l’échelle internationale et qu’il est indispensable qu’une filière européenne se structure pour rester innovante et compétitive.

2.  La flexibilité et le stockage sur les réseaux d’énergie

Le rapport s’intéresse aux marchés de 3 technologies émergentes, qui pourraient contribuer aux besoins de stockage de l’énergie selon différents horizons temporels et secteurs d’activités :

  • Le stockage par batteries, qui doit s’organiser selon un modèle économique plus efficace « autour des services système de réglage de la fréquence » et ainsi permettre de répondre à une demande à court terme ;
  • La technologie Power-to-gas, qui constitue à long terme, un intérêt économique et environnemental pour la production d’hydrogène, doit être soutenu par des investissements publics et privés ;
  • L’utilisation des véhicules électriques comme outil de stockage et déstockage d’électricité (“vehicle to grid”) n’a pas encore confirmé son modèle économique.

3.  Les consommateurs d’énergie et la transformation numérique

D’après cette étude, l’enjeu pour les acteurs de l’énergie et du numérique, sera de garantir dès demain une offre énergétique flexible et sécurisée.

Le rapport propose quelques éléments clés d’analyse :

  • Le rôle essentiel des données de consommation d’énergie : elles doivent permettre aux entreprises de définir de nouvelles offres de services, et aux collectivités territoriales de s’approprier et d’optimiser les ressources. Comme le souligne l’étude, si le consentement des consommateurs au transfert de ces données est indispensable pour la croissance du marché, il doit rester une volonté du client pour surmonter le défi de la confiance.
  • La fragmentation du marché de l’énergie : de nouveaux acteurs – producteurs d’EnR, experts du digital et de la relation client viendront prochainement diversifier l’offre de services en matière d’installation et de gestion d’équipement énergétique. Il est probable que le système tarifaire évolue en conséquence vers un forfait d’usage.
  • Les opportunités du marché de l’autoconsommation : le phénomène important dans d’autres pays d’Europe, devrait permettre aux professionnels du photovoltaïque en France de se développer à condition qu’ils proposent des outils de flexibilité pour pallier aux aléas de l’ensoleillement.

Dès la rentrée, le Comité de Prospective reprendra une série de travaux avec une thématique générale sur le rôle croissant des territoires sur la transition énergétique.