Retour sur la rencontre Club H2 Sud en partenariat avec la Délégation Sud France Hydrogène – 19 mai 2026
L’hydrogène bas carbone est désormais entré dans une nouvelle phase : celle du passage à l’échelle industrielle.
À l’échelle mondiale, la compétition s’intensifie. La Chine a produit près d’un million de tonnes d’hydrogène bas carbone en 2025 et accélère ses investissements dans les électrolyseurs, les infrastructures et les usages industriels. Les États-Unis poursuivent le déploiement de leur stratégie portée par l’Inflation Reduction Act, tandis que l’Europe cherche à structurer un marché compétitif autour de son Pacte vert, du paquet « Fit for 55 » et de ses objectifs REPowerEU.
En France, la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) et l’actualisation de la Stratégie nationale pour l’hydrogène doivent désormais se traduire en en projets industriels financés et réalisés.
Car derrière les objectifs climatiques, une réalité s’impose : l’hydrogène bas carbone est devenu un enjeu de souveraineté énergétique, de compétitivité industrielle et de réindustrialisation des territoires.
C’est dans cette perspective que Capenergies et France Hydrogène ont réuni les acteurs de la filière autour d’une journée d’échanges consacrée aux perspectives de développement de l’hydrogène bas carbone en France.
Une filière en pleine structuration
En ouverture de la rencontre, les représentants de France Hydrogène ont dressé un état des lieux de la filière et des principaux chantiers en cours.
Les échanges ont porté sur les évolutions institutionnelles et réglementaires qui structurent aujourd’hui le développement de la filière : articulation entre la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) et la future Stratégie nationale Hydrogène, priorités nationales, évolution des dispositifs de soutien et principaux sujets de mobilisation des industriels.
Un message s’est dégagé : après une phase de lancement portée par les stratégies publiques, la filière entre désormais dans une phase où la viabilité économique des projets et leur capacité à s’insérer dans des chaines de valeur complètes deviennent déterminantes.
Les territoires au cœur du développement de l’hydrogène
Le déploiement de l’hydrogène bas carbone repose également sur une forte dynamique territoriale.
À travers un point d’actualité consacré aux actions régionales de Capenergies, les échanges ont rappelé que les territoires constituent les véritables lieux de déploiement des écosystèmes hydrogène.
Production, transport, stockage, usages industriels, mobilité ou encore intégration des énergies renouvelables : le développement de la filière nécessite une approche coordonnée associant collectivités, industriels, énergéticiens, centres de recherche et financeurs.
Des marchés industriels qui passent à l’action
Si la filière continue de se structurer, plusieurs marchés affichent déjà des projets particulièrement avancés.
Les intervenants ont présenté trois applications industrielles illustrant la diversité des usages de l’hydrogène bas carbone.
Dans le secteur du raffinage, ENGIE est revenu sur le projet HyGreen, visant à substituer progressivement l’hydrogène fossile par de l’hydrogène bas carbone.
Pour le secteur aérien, MGH Energy a présenté le projet L’Ardoise, consacré à la production de carburants aéronautiques durables (e-SAF), un marché appelé à jouer un rôle majeur dans la décarbonation de l’aviation.
Enfin, GravitHy a partagé son retour d’expérience sur la production de fer préréduit (DRI/HBI), illustrant les perspectives offertes par l’hydrogène pour décarboner l’industrie sidérurgique, l’un des secteurs les plus émetteurs de CO₂.
Ces trois exemples montrent que l’hydrogène n’est plus une technologie expérimentale : il se positionne désormais sur des usages industriels concrets dans plusieurs secteurs stratégiques.
L’innovation technologique reste un facteur clé
Le passage à l’échelle de la filière dépend également des progrès technologiques.
À travers une présentation consacrée aux technologies d’électrolyse, Air Liquide est revenu sur les innovations permettant d’améliorer les performances des équipements, de réduire les coûts de production et de renforcer la compétitivité de l’hydrogène bas carbone.
L’industrialisation des électrolyseurs constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers pour atteindre les objectifs européens de production d’hydrogène renouvelable et bas carbone.
Construire une filière compétitive et souveraine
Au-delà des différentes interventions, cette journée a rappelé que les enjeux de l’hydrogène dépassent désormais le seul cadre de la transition énergétique.
Développer une filière hydrogène performante, c’est également renforcer la souveraineté énergétique, sécuriser les approvisionnements industriels, créer de nouvelles chaînes de valeur et contribuer à la réindustrialisation des territoires.
Face à l’intensification de la concurrence internationale, la réussite de cette ambition passera par la capacité à articuler politiques publiques, innovation, investissements industriels et coopération entre les acteurs de la filière.
En réunissant entreprises, institutionnels, experts et porteurs de projets, Capenergies et France Hydrogène contribuent à cette dynamique collective, en favorisant les échanges, le partage d’expériences et l’émergence des collaborations qui permettront d’accélérer le déploiement de l’hydrogène bas carbone.
Merci à l’ensemble des intervenants et des participants pour la richesse des échanges qui ont nourri cette rencontre.
RDV au prochain Club H2 Sud le 17 novembre 2026
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