Le pôle a piloté 11 études sur les différents vecteurs et infrastructures énergétiques qui ont permis de construire plusieurs scénarios de décarbonation de la zone de Fos – étang de Berre dans le cadre du programme SYRIUS et prépare la suite.
À l’occasion du 3ᵉ Forum SYRIUS organisé récemment à l’Aéroport Marseille Provence, Capenergies a présenté, aux côtés de PIICCTO, coordinateur du programme, et des autres ses partenaires, le bilan de la première phase du programme. En tant que partenaire d’animation clé, le pôle de compétitivité a joué un rôle déterminant dans la construction des scénarios de décarbonation d’un des territoires industriels les plus stratégiques de France.
40% des études pilotées par Capenergies
Depuis 2023, Capenergies a piloté avec succès 11 des 28 études réalisées dans le cadre de la phase 1, représentant un budget global de 8 millions d’euros. Ces travaux ont porté sur les vecteurs énergétiques et infrastructures associées : électricité bas carbone, hydrogène, ammoniac (NH₃), oxygène (O₂), gaz décarbonés, CCUS, chaleur renouvelable, e-carburants…
« Cette première phase conforte notre vision du besoin de développement d’un véritable hub énergétique bas carbone, associé à une transformation profonde du mix énergétique et des nouvelles infrastructures mutualisées », a souligné Héloïse Delseny, cheffe de projets décarbonation de l’industrie à Capenergies, lors de ce 3e Forum Syrius.
Ces études ont directement contribué à la construction de trois scénarios robustes de décarbonation du territoire, projetant des réductions d’émissions allant de 80% à 97% d’ici 2050.
Un territoire aux enjeux colossaux
Le programme SYRIUS (Synergies Régénératives IndUstrielles Sud), lauréat de l’appel à projets ZIBaC opéré par l’ADEME, couvre une zone allant de Fos-sur-Mer à Manosque. Ce territoire émet chaque année 18 millions de tonnes de CO₂ – soit 15% des émissions nationales de l’industrie – et concentre 50 000 emplois directs et 140 000 emplois indirects.
Coordonné par l’association PIICTO, le programme fédère 60 membres, dont près de 50 acteurs industriels majeurs. Capenergies l’anime avec quatre autres partenaires : Novachim, la Région Sud, la Métropole Aix-Marseille-Provence et le Port de Marseille Fos.
Les scénarios élaborés avec l’expertise de Capenergies révèlent la nécessité d’investissements considérables :
- Hub hydrogène régional : jusqu’à 5 Md€, dont 1,5 Md€ pour les infrastructures mutualisées
- Renforcement du réseau électrique : entre 1,5 et 3 Md€ pour l’électrification des procédés industriels
- Hub CO₂ : entre 2 et 6 Md€ pour la capture, le transport et le stockage géologique
Phase 2 : Capenergies renouvelle et renforce son engagement
Pour la phase 2 (2026-2030), Capenergies pourrait piloter jusqu’à 21 nouvelles études, renforçant son implication. Le dossier de candidature a été déposé en juillet 2025, avec un objectif de 16 M€ de financement public, pour un montant total pouvant atteindre plus de 40 M€.
Les nouvelles études se concentreront sur :
- Le développement du hub hydrogène local : identification plus complète des usages diffus, approvisionnement sous forme de molécules dérivées, synergies avec les filières méthanol et ammoniac,
- La préparation des infrastructures hydrogène : réseau de transport, stockage, terminaux import/export, conversion des infrastructures pétrolières existantes,
- L’intégration au réseau électrique : synergies entre production d’hydrogène par électrolyse et réseau, enjeux de flexibilité,
- Les synergies énergétiques territoriales : mutualisation des ressources, valorisation de la chaleur fatale.
Les travaux du programme SYRIUS ont permis d’identifier trois trajectoires :
- Scénario tendanciel : ralentissement de l’activité et décarbonation limitée.
- Scénario central : transformation progressive, -94% d’émissions, création de 3 000 emplois.
- Scénario ambitieux : transformation profonde, -97% d’émissions, création de 5 000 emplois et essor des métiers de la transition énergétique.
Ces scénarios prévoient également une amélioration significative de la qualité de l’air et le renforcement de la compétitivité industrielle du territoire.
L’approche développée repose sur le déploiement simultané de plusieurs solutions : efficacité énergétique, électrification massive, diversification du mix énergétique (hydrogène, biomasse), combustibles de substitution, valorisation de l’énergie fatale, CCUS dès 2030, et économie circulaire industrielle.
Crédit photo : GPMM
Un modèle reproductible
« La décarbonation n’est pas seulement un impératif environnemental : c’est une formidable opportunité de réindustrialiser durablement le territoire, d’y ancrer l’emploi et l’innovation », a conclu Simon Deltombe, Coordonnateur national ZIBaC à l’ADEME.
Grâce aux travaux structurants de Capenergies, SYRIUS constitue un laboratoire grandeur nature dont les enseignements enrichiront les stratégies nationales et pourront être dupliqués sur d’autres territoires industriels majeurs. Le programme s’inscrit pleinement dans l’ambition de la Région Sud de devenir la première région neutre en carbone d’ici 2040.
Les études de la phase 2 du programme, pilotées par Capenergies sur les enjeux de systèmes énergétiques, démarreront courant 2026, ouvrant la voie aux premiers investissements structurants avant la fin de la décennie.