Alors que le solaire connaît une accélération marquée ces dernières années, la filière fait face à des défis: accélérer le développement des projets tout en sécurisant les montages contractuels, intégrer davantage de stockage dans un contexte de modèle économique encore en structuration, déployer certaines innovations, notamment pour la décarbonation des procédés industriels, et répondre aux enjeux de souveraineté énergétique en sécurisant les chaines d’approvisionnement.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le photovoltaïque est désormais la technologie électrique qui se déploie le plus rapidement dans le monde. En France, plus de 22 GW de capacité photovoltaïque étaient installés début 2026, tandis que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe un objectif pouvant atteindre 80 GW à l’horizon 2035 dans les scénarios les plus ambitieux. La Région Sud, avec près de 2,9 GW de capacité photovoltaïque déjà installés et un potentiel solaire parmi les plus élevés du territoire, est appelée à jouer un rôle majeur dans cette dynamique, tant sur le développement des projets que sur l’innovation et l’industrialisation de la filière.
Cette trajectoire implique un changement d’échelle, tant sur les investissements que sur la capacité à lever les freins structurants, comme les délais de raccordement, la complexité des procédures et les contraintes foncières.
C’est dans cette dynamique que s’est tenu le dernier Club Innov’Solaire de Capenergies, réunissant en ligne une trentaine d’acteurs de l’écosystème pour partager leurs expériences, leurs projets et leurs analyses des évolutions de la filière avec un éclairage particulier sur les dynamiques en région Sud.
Une filière en pleine transformation
Au-delà des actualités nationales et européennes présentées en ouverture, les échanges ont mis en évidence des évolutions structurelles du secteur solaire.
Longtemps centré sur le développement de centrales photovoltaïques, le marché s’oriente désormais vers des approches plus intégrées, combinant production d’énergie, stockage, décarbonation industrielle et nouveaux modèles économiques. Dans le même temps, les exigences réglementaires, environnementales et contractuelles se renforcent, faisant du développement de projet un exercice de plus en plus complexe.
Les trois interventions de cette édition ont parfaitement illustré cette évolution.
Décarboner l’industrie grâce au solaire thermique à concentration
Premier temps fort de la rencontre, ALTO Solution, entreprise labellisée Capenergies, a présenté sa technologie de solaire thermique à concentration appliquée aux besoins industriels :
- Parce que nous consommons 3 fois plus de chaleur que d’électricité dans le monde (51% vs 17%)
- Parce que les industriels recherchent activement de la chaleur renouvelable
À travers le projet Coq Noir, développé dans le secteur agroalimentaire, Mehdi Berrada (CEO & fondateur) a démontré comment cette solution permet de produire de la chaleur renouvelable à haute température et de remplacer jusqu’à 75 % de la consommation de gaz sur certains procédés industriels.
Alors que la chaleur représente près de la moitié de la consommation énergétique de l’industrie française, ce type de solution apporte une réponse concrète pour accélérer la décarbonation de secteurs dont les besoins ne peuvent être couverts par une simple électrification.
De nouveaux modèles économiques pour accélérer les projets
Le développement des installations photovoltaïques repose également sur la capacité à lever les contraintes financières auxquelles sont confrontés de nombreux industriels et entreprises.
Mathieu Labelle, Business developer chez GreenYellow France, a présenté le rôle croissant des modèles de tiers investissement dans le déploiement des projets photovoltaïques et de stockage.
En prenant en charge le financement, le développement et parfois même l’exploitation des installations, ces modèles permettent aux entreprises de déployer des projets en limitant la mobilisation de capital. Une approche qui facilite l’adoption de solutions solaires, pour les acteurs industriels et tertiaires notamment, et contribue à accélérer leur déploiement sur le territoire.
Le juridique : un facteur clé de réussite des projets
Souvent sous-estimé en phase amont des projets, le cadre juridique constitue pourtant l’un des éléments déterminants de la réussite d’un projet solaire.
À travers son intervention, Alix-Anne Sauret, avocate au barreau de Marseille, a rappelé que la performance d’un projet ne dépend pas uniquement de sa conception technique ou de sa rentabilité économique.
Autorisations administratives, sécurisation foncière, contrats, responsabilités des parties prenantes ou encore évolutions réglementaires : autant d’aspects qui doivent être anticipés très en amont afin de limiter les risques et sécuriser les projets sur le long terme.
Cette intervention a permis de souligner que le développement des énergies renouvelables mobilise aujourd’hui des compétences toujours plus transversales, à la croisée de l’ingénierie, du financement et du droit.
Faire dialoguer les acteurs pour accélérer la transition
Au-delà des présentations, cette nouvelle édition du Club Innov’Solaire a surtout confirmé l’importance des espaces d’échanges entre les différents acteurs de la filière.
Dans un secteur en évolution permanente, confronté à des enjeux industriels, économiques et réglementaires de plus en plus complexes, le partage de retours d’expérience constitue un levier essentiel pour accélérer l’innovation, favoriser l’émergence de nouveaux projets et diffuser les bonne spratiques.
Merci à l’ensemble des intervenants et des participants pour la richesse des échanges qui ont rythmé cette nouvelle édition du Club Innov’Solaire.
RDV au prochain club Innov’Solaire le 16 septembre 2026 !
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